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Histoire et petite Histoire d'IGOVILLE

Le PETIT JOURNAL
 

A force de chercher, fouillez, fouinez, nous avons mis la main sur un texte qui nous a semblé intéressant de soumettre à votre curiosité.
Il relate un fait divers rocambolesque pendant l'année 1930 et Il a pour décor le château d'Igoville.
Voici un extrait de l'article paru dans le « petit journal » publié le 17 avril 1930
 

 

Le Petit Journall
Mardi 22 juillet 1930

Les mystères du château d'Igoville

 


(De notre envoyé spécial)


EVREUX 21 Juillet  _On avouera que cette affaire est peu banale. Il s'agit d'un cambriolage sans doute mais commis dans quelles conditions ! Ce n'est pas tous les jours qu'on voit un industriel (un maitre-briquetier) s'installer dans un château historique, ancienne propriété d'une communauté religieuse, avec toute une famille ou plutôt, toute une tribu, légitime, illégitime, et déménager tous les objets de valeur dans les appartements dont il est locataire.


Tel est, en effet, le grief que l'accusation impute à Edouard LEVRIER et à ses coaccusées, qui comparaissent devant la cour d'assises de l'Eure. S'il est réellement fondé, on se demande quelle a pu être la genèse de cette rocambolesque aventure. Roger LEVRIER, fils de l'accusé principal, aujourd'hui interné dans un asile d'aliénés et qui est doué d'une imagination délirante, n'a-t-il pas inventé quelque histoire de testament ou de trésor caché, qui serait à la base d'une sorte d'hallucination collective, subie par le père LEVRIER et ses acolytes ?
Une nursery dans le box des accusés


Bien avant le commencement des débats, Edouard LEVRIER, s'est assis à son banc. Les cheveux gris, le teint couleur des briques qu'il fabriquait, une moustache de chat, d'un jaune vif, et l'insigne des blessés extrêmement large et apparent, à la boutonnière de son veston gris. A ses côtés trois femmes. La première est jeune et charmante, avec son nez retroussé et ses yeux vifs : c'est Denise BEUROTTE, l'amie de LEVRIER, de trente ans plus jeune que ce mari en instance de divorce qui a dépassé la cinquantaine. Elle est en outre la propre nièce du briquetier. Vient ensuite (chapeau de paille et nez de fouine) Emilienne BEUROTTE, femme Bonnetier, sœur de la précédente.
Enfin, vêtue de noir et les traits tombants, Mme Emma BEUROTTE, mère des deux sœurs. Les trois femmes se passent de bras en bras un charmant petit garçon blond qui est le fils de Denise BEUROTTE et un bébé vagissant qui est le rejeton d'Emilienne. Jamais box d'accusés n'a ressemblé autant à une nursery.


Georges Martin

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